Ligne 14, BNF, des pas de pvc violets guident les miens, l'odeur du métro, évanescente comme celle de la fleur de sureau, presque absente, presque désagréable, m'emporte dans le gouffre, où chaque moment est une frustration.
Le flux m'éloigne des visages que je croise, les affiches n'ont pas l'occasion d'être lues, le quai égrène sporadiquement des sièges inconfortables, où sont condamnés à rester ceux qui ne sont pas en transit.
S'habituer à marcher. Vite. Monter. Descendre. Stopper net.
Apprécier à peine cet arrêt sur image.
Entrer. Vite. S'asseoir. Céder sa place.
Trouver un appui précaire, tandis que le roulis nous passe au tamis.
Sortir. Vite. Monter. Descendre.
Tourbillonner jusqu'à lair libre.
Promiscuité factice.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Fanfan
Auteur réel : poisson soluble
Provenance du texte : Participation
Commentaires : 1
Textes satellites : aucun
… Il est un voyage que peu prisent.
A raison.
Celui vers l'autre côté du réel.
Le niveau primaire de la matière.
Premier.
Il est très difficile de s'y mouvoir.
On s'y sent comme enlisé.
Lieu de souffrance intense où certains sont prisonniers.
(Il ne sied pas à tous de voir l'invisible.)
Aucun vortex n'y conduit.
Seulement la perdition ou l'invitation.
Pour affronter ce lieu qui sous-tend tout le reste
-sphère primitive-
il est impératif d'avoir l'esprit forgé comme le plus lisse des glaives
un esprit au feu des passions.
Ce voyage n'est pas enviable. Loin de là.
Ce voyage est toujours un péril.
Type de document : DJ's atlas des vortex
Auteur fictif : Anonyme
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : CL
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun