Rubrique " Paroles de Citoyens"
Le théâtre permet de dire avec les mots de quelqu'un d'autre sa propre colère.
Après, c'est comme si la colère devenait un objet plutôt beau, parce qu'il est mis en scène, parce qu'il est travaillé, parce qu'il est écrit.
Un objet qu'on peut regarder et qui est sorti de soi.
C'est moi. Et c'est là.
L'amour pareil.
Je vois des gens qui sont tellement débordants de violence et d'amour en même temps, qu'ils n'arrivent plus à faire la différence.
Et là, tout à coup, il y a Shakespeare.
Ils sont très très étonnés de retrouver dans Shakespeare tout cet amour et toute cette violence. Très étonnés d'être touchés. Très étonnés qu'on puisse dire tout ça avec les mots de Shakespeare.
Marcelle au Repas de quartier du 14 juin 2005
1er arrondissement
Type de document : XIU : journal officiel
Auteur fictif : Le Journaliste
Auteur réel : Marcelle
Provenance du texte : Printemps de la Démocratie
Commentaires : 1
Textes satellites : aucun
Depuis toujours [le retrait] [shift] [l’absence] [turn-over] [avulsion] [first and last call] [departure hall A] bascule il bascule
Et cette chanson inachevée en boucle désespérée
“es la hora de partir, oh abandonado !”“c’est l’heure de partir, toi l’abandonné ... ”“ es la hora de partir, la dura y fria hora ”“ pars ô pars ! puisque l’abandon ...”“ es la hora de partir, oh abandonado !” “ ... enfin l’heure ...” “ es la hora de partir, la dura y fria hora” “ si douce si froide ! ”
Toujours il [quittait][arpentait] pour capturer DE SES YEUX CARACTERISTIQUES : BLEUS/SANS BORD : PROFONDEUR DE CHAMP INEXISTANTE : PREMIER TIERS NET: ARRIERE PLAN FLOU : SE PERD : SE FOND les détails citadins CLICHES RETINIENS
Toujours le rejoignait (elle) accord il accordait [sans résistance] sa venue reconnaissait [pourquoi devancer ?] sa radiance appréciait (la joie Loula)
(Avec elle) partageait/oubliait [simplement] [hors du temps] jusqu’à la chanson [first and last call] là aussi la chanson [departure hall C] là aussi désespérée
Toujours la quittait (elle) (Loulita Plumita) (elle) (qui ne savait pas) (lire) (écrire) (elle) (la conteuse)
Return ticket to [la casa suya] la chaumière / les cahiers [la escuela] les pages / les calculs [la familia] le chaud [à 11 ans, 12 ans, 13, 14, 15]
et toujours il oubliait [l’oubliait elle]
Croyait l’avoir rêvée [illusion]
Jusqu’à la chanson ...
Jusqu’à la chanson ...
la dix-septième année [16 ans] : une autre mélopée [désir]
“ soy el desesperado, la palabra sin ecos,”“ suis le désespéré sans échos sans parole ”“ ultima amarra, cruje en ti mi ansiedad ultima ”“dans mes bras désertés, amarre-toi, mon ultime ”“en mi tierra desierta eres la ultima rosa”“ toi la seule, toi l’abandonnée ...”
La dix-septième année [16 ans] : [last and first call ]
Il la cherche [lui] - la veut [elle] – clame son nom [Lou la Divine]
La dix-septième année [16 ans] : elle l’entend de loin [lui] sa voix la touche [elle]
Sur le quai de Conti – face au grand Io – s’aimantent – [rendez-vous]
[arrival] [pier one]
Type de document : vers
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun