tout reste à nommer

Finalement, je ne sais rien. Tout reste à nommer.

Toutes les nuances, les subtilités.
   L'homme que j'aime n'est pas l'homme que j'attends.
   Le chant que j'imagine n'est pas celui que je clame.
   Mes pieds qui marchent ne sont pas ceux qu'on attachait dans mon lit.
   Mes yeux qui regardent ne sont pas ceux qui restent secs quand j'ai mal.
   Ma bouche qui embrasse n'est pas celle qui dit.
   La Seine en crue n'est pas la Seine sous la pluie.

Il faudrait un mot pour chaque état de chaque détail de chaque chose à chaque instant. Il faudrait une mémoire totale. Il faudrait un vocabulaire inépuisable. Il faudrait un langage qui s'invente encore et tout le temps, pour toutes les perceptions, pour toutes les perspectives.


Type de document : chants des griots

Auteur fictif : Loula-Ludivine

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : 1

Textes satellites : aucun

sortants

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comme des haïkus

Les poèmes de Guillevic sont comme des haïkus : minimes. et pourtant, croyez-moi, ils n’ont vraiment rien en commun avec des haïkus. D’abord, parce qu’ils ne finissent pas : ses vers, tous ses vers s’enchaînent comme les années d’une vie, la sienne ou la nôtre ; ensuite parce que, pour lui, la concision n’est pas esthétique, il ne pratique pas la "bonsaï-poésie", je ne l’imagine pas du tout s’extasier devant un arbre mutilé et nanifié, encore moins devant des mots artificiellement resserrés, non. La concision est pour lui une nécessité, une économie, un héritage, un souvenir.


Type de document : DJ's classes : études comparées

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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