Les grandes enseignes rassurent.
Où que l'on soit, on n'est jamais perdu puisque le sigle appelle, lumineux au milieu de l'inconnu. Puisque les portes du temple sont ouvertes.
Le phénomène est particulièrement flagrant quand on arrive la nuit dans une ville. Les noms s'étalent en rouge, en vert, en bleu. Véritables veilleuses dont la fonction est de tranquilliser l'enfant effrayé.
Dors, petit, dors, la société de consommation veille sur toi.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Printemps de la Démocratie
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Je n'aime plus le café.
D'un coup. D'un seul.
J'ai commandé un allongé, mousseux, onctueux, une capsule grand luxe. Je l'ai attendu avec délectation. Je l'ai savoureusement humé, approché de ma bouche. Tendue toute entière vers ce plaisir nécessaire.
Perte et fracas. Aléas. Trépignements. Grimace.
Sevrée. Ecœurée. Débarassée contre mon gré d'une addiction volontaire.
Très régulièrement je m'essaie encore à ma dépendance caféinée. Et je me prépare un café. Mais je suis un cas désespéré.
Je n'aime plus le café. Enfin pour aujourd'hui. Demain peut-être, en retrouverai-je le goût…
Type de document : carnets personnels
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun