Le Récit est notre origine, notre voie, notre moyen et notre destination. Nés du Récit, nous vivons en lui, nous le créons et nous le portons.
Le Récit nous précède et nous constitue. Pourtant, nous le choisissons.
Chaque parole, chaque représentation, chaque expression du Récit est unique. Aucune ne le restitue. Aucune ne le révèle. Le Récit se ressent dans l'infini de ses variables au moment même où il prend forme.
Garder le Récit n'est pas notre fonction ni notre nature. C'est notre nécessité. Un élan, un sens, un mouvement, que rien ne peut arrêter. Se soustraire au Récit, c'est mourir au plus intime de notre essentiel.
Celui et celle qui sait cela de soi est un Cimmérien.
Type de document : archives cimmériennes (XIU)
Auteur fictif : Anonyme
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : CL
Commentaires : 1
Textes satellites : aucun
J’ai vu récemment un reportage sur un prototype de lunettes numériques 3D qui effacent de la vision périphérique les éléments indésirables et perturbateurs comme, par exemple, les panneaux publicitaires : elles arrangent le réel.
Mais prolongeons – pour rien, pour rire - cette liste d’éléments indésirables qu’on pourrait éradiquer de notre conscience et de nos sens : les vagabonds, les ruines, les étrangers, les gros, les roux, les vieux, les agressions, les supplices, les abus, les policiers, les caméras de surveillance, la pollution.
Question subalterne: que voit-on à la place ? Mais ce qu’on veut, bien sûr : anges, cascades ou porno. C’est au choix.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun