trop de peine

Les grandes personnes aiment les chiffres.

Quand vous leur parlez d'un nouvel ami, elles ne vous questionnent jamais sur l'essentiel. Elles ne vous disent jamais: "Quel est le son de sa voix ? Quels sont les jeux qu'il préfère ? Est-ce qu'il collectionne les papillons ?"

Elles vous demandent: "Quel âge a-t-il? Combien a-t-il de frères? Combien pèse-t-il ? Combien gagne son père ?"

Alors seulement elles croient le connaître.

Si vous dîtes aux grandes personnes : "J'ai vu une belle maison en briques roses, avec des géraniums aux fenêtres et des colombes sur le toit...", elles ne parviennent pas à s'imaginer cette maison. Il faut leur dire: "J'ai vu une maison de cent mille francs". Alors elles s'écrient : "Comme c'est joli !"

Comprenez-moi bien : je ne dis pas qu'elles ont tort ou raison les grandes personnes.
Qu'est-ce que ça veut dire d'abord avoir tort ou raison ? Moi je sais pas.

Non. Si je vous raconte tout ça c'est parce qu'il faut bien dire pourquoi Loula elle arrivait pas à parler dans le monde des grandes personnes. Il faut bien le dire. Sinon on a trop de peine et on comprend pas comment c'était joli le silence de Loula. Comment c'était important.

remix St Exupéry


Type de document : chants des petits griots

Auteur fictif : Miss Tigri

Auteur réel : Antoine de Saint-Exupéry

Provenance du texte : Liste de l'éducation nationale

Référence : Le Petit Prince

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

sortants

> changer les liens

puissance

La tasse n’est plus chaude mais quand on la saisit, l’index reste relevé comme par mémoire du moment sacré de la première gorgée. Le café a refroidi, normal! Un peu de marc patauge. Boire ou ne pas boire ? Il faut savoir s’arrêter avant la fin, avant la lie. Juste avant. Contempler le fond et se retenir de plonger une dernière fois. Avoir ce courage. Rester assis devant une tasse presque vide et ne pas se sentir obligée de boire ni de partir. Choisir. ""Monsieur Grégory Corso, qu'est-ce que la puissance ?" "rester debout au coin d'une rue et n'attendre personne" - j’ai rêvé new york, j’ai rêvé new york, new york city sur hudson ..."


Type de document : streetchroniques

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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