immuable

Le Récit existe depuis toujours, depuis la création. Il est immuable. Il existe en-dehors de tout, en-dehors de tous. Il a été révélé au Mont Cimmer [écrit et oral, unique et multiple] au peuple réuni [des âmes mortes aux âmes à naître].

Le Récit n’affirme arbitrairement aucune vérité : il est souvenir, dialogue et confrontation. Il est paradoxe et foisonnement.

Dans le Récit, chaque ligne narrative est contestée par des arguments divergents, de toute époque et de tout lieu, avant de devenir chant. Pour un temps. Pour une communauté seulement.

Ainsi, même rejetée, une intonation ou une courbe ne perd jamais sa valeur : elle peut redevenir valide en d’autres circonstances, les hommes décidant en fonction de l'histoire et du temps.

Et néanmoins : même fluctuant, le Récit est immuable car transmis au Mont Cimmer.


Type de document : DJ's classes : études cimmériennes

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

sortants

> changer les liens

Récit Variable et Topos

L’ensemble des textes d'un récit variable forme une base de données - un réservoir de textes - qui est agencée en de multiples niveaux de liens. Cette base de données peut être comparée à un espace qui possède une topographie, une architecture, une identité et des règles : un Topos (du grec topos : région, lieu).

Un Topos est semblable à une ville : il a ses quartiers, ses voies de circulation et de liaison. Comme une ville il peut grandir. Et, comme dans une ville, chacun y circule, y vit, y communique à sa façon.

Par exemple, connaître Paris, c’est connaître quelques endroits de Paris. Tous les Parisiens connaissent Paris mais aucun d’entre eux ne connaît le même. Pour un Topos, c’est la même chose. Tous les lecteurs d’un Topos le connaissent, mais aucun ne connaît le même.

Mais le Topos, ce n’est pas encore le récit.

Le récit naît quand un lecteur choisit des textes au sein du Topos et quand il les ordonne.

Ainsi, le récit est toujours variable. Il dépend :
- du choix des textes opéré par le lecteur ;
- de l’ordre des textes ;
- des supports d’édition et diffusion (électronique, papier d’imprimante, livre papier, affiche, son, etc.)

Le récit est donc toujours un récit potentiel parmi d’autres, une virtualité. C’est pourquoi c’est un récit variable.


Pour alléger le propos, consultez la version light de ce texte : un topos, c'est comme un frigidaire


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