Le matin, quand je me réveille, depuis que j'ai seize ans, je plonge trois fois de suite mon visage dans de l'eau très froide, recueillie dans les paumes de mes mains jointes [coupelle - grâal].
Et par ces trois immersions, je rejoins toutes les eaux de mes voyages terrestres : la lagune verte du sud chilien (région 10), la mer de Galilée, la cascatelle de la Vallée de la Longévité, les chutes claires de Californie, la douche au milieu des papyrus du bush australien au nord de la New South Wales, près de Byron Bay, là où j'ai été initiée au Jeu des Perles de Verre par la Terre elle-même. Gondwanaland. Terre des Rêves.
J'éprouve une reconnaissance intarissable pour ce continuum élémentaire qui confond toutes les eaux du monde en cet instant et qui scande le débit d'un nouveau round spatio-temporel : ma journée. L'unique. Celle où j'existe dans un corps, une histoire, un croisement. Aujourd'hui.
Type de document : carnets personnels
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : 1
Textes satellites : aucun
La Castalie est un centre d'entraînement construit en Kiméria par l'Ordre des Joueurs des Perles de Verres pour former certains de ses Lusores (lusores).
Le Jeu pratiqué en Castalie n'est pas dédié au Voyage mais à l'Esthétique, au Beau : il est purement intellectuel et contemplatif. D’ailleurs les Castaliens ignorent qu’il existe plusieurs espaces et ne quittent jamais la Castalie. Ils vivent en Castalie comme si c’était le monde réel.
Autour du Centre d’entraînement s’est construit une vaste Province.
Les Lusores castaliens sont tous des hommes.
Recrutés quand ils sont enfants, ils sont issus de grandes lignées de l’ordre ou bien ils sont kidnappés.