j'admire

J’admire ceux qui courent et qui sont beaux parce qu’ils sont beaux. Leur corps évolue dans l’air libre, puissant, gracieux, vivant.

J’admire ceux qui courent et qui sont moches parce qu’ils n’ont pas peur du regard des autres et ils ont bien raison.

J’admire ceux qui courent et qui ne sont ni beaux ni moches parce qu’ils courent et que c’est très courageux, surtout quand il fait très chaud ou très froid.

J’admire les fleurs, je m’approche, je les respire, souvent je pousse des soupirs de joie. Puis je repars toute emplie de parfums divers, bienheureuse, apaisée, et les gens que je croise me sourient avec attendrissement. Quand je vois mon reflet, je découvre pourquoi : j’ai des traînées de pollen multicolores partout sur le nez.


Type de document : chants des griots

Auteur fictif : Loula-Louna

Auteur réel : Françoise Cleach

Provenance du texte : Participation

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

sortants

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Tyr

Silencieux et immobile comme un grand roc teinté de roux, Tyr laissait errer son regard sur l'étendue de son domaine.

Il n'avait pas la vue perçante ; les grizzlys ont des yeux trop petits et trop écartés pour bien voir.

A une distance de huit cents mètres, il eût certes pu distinguer une chèvre alerte des Rocheuses ou bien un mouton de montagne ; mais, au-delà de huit cents mètres, le monde pour lui n'était qu'un vaste mystère, un brouillard léger de soleil ou bien un rideau de ténèbres.

Grâce à Dieu, pour sa sauvegarde, son ouïe très fine, son odorat particulièrement développé lui permettaient d'estimer à coup sûr ce qui se passait hors de son champ de vision.

S'il se tenait présentement immobile, c'est que montait de la vallée et lui parvenait aux narines une senteur inusitée, une odeur qui ne s'associait avec aucun de ses souvenirs et qui le troublait étrangement.

En vain son esprit lent de bête sauvage cherchait à comprendre.

Cette odeur n' était sûrement pas celle d'un caribou… Ce n'était pas non plus celle d'une chèvre ou d'un mouton. Encore moins celle d'une marmotte paresseuse et grasse se chauffant au grand soleil sur un rocher.

Les marmottes constituaient sa nourriture favorite.

Non, c'était un fumet bizarre qui somme toute ne l'irritait pas, ne l'effrayait pas, mais lui inspirait de la curiosité. Pourtant il ne s'était pas mis en quête de son origine. Une prudence le retenait.

Immobile, il flairait le vent.


Type de document : journaux de bord

Auteur fictif : P'tit Gars

Auteur réel : James Oliver Curwood

Provenance du texte : Liste de l'éducation nationale

Référence : Le grizzly

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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