soixante ans de Neuvième

Le Neuvième fourmille d'histoires, de gens célèbres.

Allan Kardec, est-ce que vous savez qui est Allan Kardec ? Vous ne savez pas…

Le maître spirite, pas spirituel, spirite, qui a écrit Le Grand Livre des Esprits. C'est une croyance qui a beaucoup pris au Brésil et dans les îles. Et de nombreux touristes brésiliens viennent ici. Ils savent que Kardec a habité Rue des Martyrs. Justement dans mon immeuble.

C'est amusant parce que les touristes s'arrêtent devant chez moi et regardent.

Avant de savoir pour Kardec, je me suis demandé souvent pourquoi ils photographiaient la façade, surtout que l'immeuble n'avait pas été ravalé, c'était vraiment très moche. Jusqu'au moment où j'ai compris que c'était un lieu de pèlerinage pour eux. En fait, il a écrit son livre au 8 rue des Martyrs.

J'ai reçu une lettre, un jour, qui demandait l'autorisation de poser une plaque sur l'immeuble. J'ai donné mon accord au nom du syndic mais voilà-t-y-pas que l'Union des Rationalistes a fait sauté une petite bombinette sur sa tombe au Père Lachaise. Et du coup, le projet de la plaque a été oublié.

Kardec était dans l'immeuble cour. Moi je suis dans l'immeuble rue.

Dans le temps d'ailleurs, cet immeuble rue, c'était un petit bordel qui s'appelait le Grand Huit.

Et regardez : quand vous imaginez que là, là, là il y avait trois brasseries énormes jusqu'à la guerre de 14. Des grands cafés comme vous les voyez dans les peintures de Manet ou de Renoir. C'était la seule montée pour aller au Moulin de la Galette. Forcément plein de vie.

Et oui, que d'images en 60 ans de Neuvième.


Type de document : chants des griots

Auteur fictif : Anonyme

Auteur réel : Brigitte

Provenance du texte : Printemps de la Démocratie

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

sortants

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Tyr

Silencieux et immobile comme un grand roc teinté de roux, Tyr laissait errer son regard sur l'étendue de son domaine.

Il n'avait pas la vue perçante ; les grizzlys ont des yeux trop petits et trop écartés pour bien voir.

A une distance de huit cents mètres, il eût certes pu distinguer une chèvre alerte des Rocheuses ou bien un mouton de montagne ; mais, au-delà de huit cents mètres, le monde pour lui n'était qu'un vaste mystère, un brouillard léger de soleil ou bien un rideau de ténèbres.

Grâce à Dieu, pour sa sauvegarde, son ouïe très fine, son odorat particulièrement développé lui permettaient d'estimer à coup sûr ce qui se passait hors de son champ de vision.

S'il se tenait présentement immobile, c'est que montait de la vallée et lui parvenait aux narines une senteur inusitée, une odeur qui ne s'associait avec aucun de ses souvenirs et qui le troublait étrangement.

En vain son esprit lent de bête sauvage cherchait à comprendre.

Cette odeur n' était sûrement pas celle d'un caribou… Ce n'était pas non plus celle d'une chèvre ou d'un mouton. Encore moins celle d'une marmotte paresseuse et grasse se chauffant au grand soleil sur un rocher.

Les marmottes constituaient sa nourriture favorite.

Non, c'était un fumet bizarre qui somme toute ne l'irritait pas, ne l'effrayait pas, mais lui inspirait de la curiosité. Pourtant il ne s'était pas mis en quête de son origine. Une prudence le retenait.

Immobile, il flairait le vent.


Type de document : journaux de bord

Auteur fictif : P'tit Gars

Auteur réel : James Oliver Curwood

Provenance du texte : Liste de l'éducation nationale

Référence : Le grizzly

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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