— « Vous devriez vous occuper de cette affaire, Sgarideni. Tout porte à croire que le capitaine L. se déplacera en repérage à Noisy-le-Grand avant le colloque. »
— « Au contraire, si elle prépare une campagne de spamming, elle n’a pas besoin de se déplacer. »
— « Vous connaissez son mode opératoire : elle écrit tout. Elle prend des notes, rédige des chroniques et les diffuse en toute illégalité. Surtout quand elle essaime l’existence des 3 Espaces et du Voyage dans un de nos fiefs. Elle veut nous narguer. Elle s’amuse. »
— « Oui, mais cette fois c’est différent. Nous avons pu déchiffrer 75 caractères dans le message. Or, d’ordinaire, si nous déchiffrons 75 caractères, nous sommes capables de déchiffrer l’intégralité. Mais là, non. 75 caractères et rien de plus. Je pense que StreetForce a voulu que nous décodions ces informations-là, et celles-là seulement. Il s’agit sans doute d’un leurre. Ils veulent détourner notre attention. Ils se doutent que si le capitaine L. est impliquée, vous allez m’envoyer sur les lieux. Ils veulent me mettre hors circuit pendant qu’ils avancent vers une nouvelle piste menant au Gardien.
— Tant que vous n’avez pas de preuves plus solides à m’apporter, je maintiens mon ordre. Postez-vous à Noisy-le-Grand et surveillez le passage qui mène à Louis-Lumière. Pour ma part, je me rendrai au colloque. »
Type de document : minutes des mémoires absolues
Auteur fictif : Les Greffiers
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : CL
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Il arriva qu’elle eut trente ans, ou plus, ou pas.
Et qu’elle suivit un pont étroit.
Marchant tout droit sur la passerelle.
Tenant serrée une menotte.
Et de retour sur la terre ferme,
elle reconnut une certaine porte.
Porte effacée, ensevelie.
Toute de broussailles et de poussière.
"Il faut l’ouvrir" entendit-elle.
"Il faut entrer, encore oser".
Elle s’arrêta au vestibule, les mains ballantes
- une projetée -
elle n’était plus sur la terre ferme
mais aux abords des ans filtrés.
Elle tenait là, comme verticale, comme étendue, comme calfeutrée.
Quand tout à coup,
la petite fille
qui tout ce temps avait couru,
dégringolé, encore grimpé,
quand tout à coup,
la petite fille
vint à surprendre cette longue extase.
Car tout en bas d’une haute pile,
de boîtes, de cubes et de trophées,
numéro sept, le vieux carnet,
numéro sept, avait trouvé.
"Maman, maman, regarde ! Un grimoire ! Un livre pour la mémoire ..."
Type de document : chants des griots
Auteur fictif : Griotte
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun