Quand j'écris, je ne veux pas de narration, de fiction, de récit. Mon propos est ailleurs. Radicalement. Essentiellement. Mon propos est l'anodin, la restitution, la captation, l'instantané.
Polaroïd du ressenti, du vécu.
Ecrire jusqu'à l'ivresse, jusqu'à en oublier la faim, le sommeil ou la solitude.
Ecrire jusqu'à me perdre dans cette voix qui me dicte chaque mot, ne voir que la plume, la main droite qui impulse le sillon toujours inespéré, la main gauche qui repose comme un chat sur la page du cahier et dont l'ombre seule me rappelle encore que le temps existe, n'entendre que le crissement du papier Moleskine, et redouter qu'un instant - à peine - qu'un instant plus tard, la phrase s'arrête, c'est certain, je ne peux pas écrire sans cesse toute la vie, toute l'éternité même si je peux écrire jusqu'à ma mort.
Vivre au présent dans la lettre, le mot, le syntagme.
Je suis mécontente. Vos mots se font languir. Je n'ai pas eu de vos nouvelles depuis très longtemps. Faudra-t-il que j'aille en Toscane venir chercher moi-même votre lettre ?
Au Dottore Pi
Type de document : correspondances
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
On se retrouvait avec des amis à la Cité Universitaire. C'étaient les amis du couloir. Des amis qui aimaient tous écrire, et qui aimaient la littérature.
Une personne devait lancer une phrase par laquelle démarrait une nouvelle. Une petite histoire.
La personne suivante ajoutait une autre phrase. Elle avait le droit à une seule phrase. Et ainsi de suite.
Le jeu consistait à ce que quelqu'un puisse imposer son thème. Que son idée devienne l'idée principale du récit.
Type de document : carnets du jeu
Auteur fictif : Arte Miss
Auteur réel : Ignis
Provenance du texte : Printemps de la Démocratie
Commentaires : 1
Textes satellites : aucun