J'ai testé bien des surfaces, bien des nécessités. Mais la plus stimulante, celle par où l'inspiration arrive, est celle-ci, celle sur laquelle j'écris en ce moment même : les pages interlignées des carnets noirs Moleskine à poche et élastique. Sans les carnets Moleskine, pas de récit variable. Pas de lettre d'amour, pas de chronique, pas d'avancée.
Comme si les mots me venaient par le papier.
Ecriture tellurique.
Derrière le papier - avant -
Le bois. La terre.
Je me plais à songer qu'il fut un temps où le papier naissait des lambeaux de coton réduits en bouillon primordial - magma blanc, informe.
Un topos n'est-il rien de plus qu'un papier en fabrication ? Une matière en ébullition…
Type de document : DJ's classes : récits variables
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
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Textes satellites : aucun
Ma bague, achetée aux puces de St Ouen, représente trois rangées d'yeux.
Je la porte car elle me rappelle que le Récit est composé de tous les Récits. Qu'il les traverse et qu'il en résulte. Que, pour chacun, le Récit est absolu et que, pour tous, il est relatif. J'y trouve ma force et mon courage. Mon intention et mon attention.
Quel lien existe-til entre les yeux et le Récit ?
œil - Eye - "I" - Je suis - Un récit.
Yeux - Eyes - "I"s. Plusieurs "Je suis" - Plusieurs "Un récit".
Et, si plusieurs "un récit" ne sont pas l’équivalent de plusieurs récits, en revanche, ensemble, ils forment un Récit. Variable.
Type de document : DJ's classes : études cimmériennes
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun