Gaston

Très très cher Monsieur Bachelard, que jamais je ne saurais appeler Gaston, en ma jeunesse vous avez nourri mon esprit, vous l’avez formé, et aujourd’hui, quinze ans plus tard, quand je relis vos textes, surprise de tant de connivences, je m’interroge devant le soulagement de mon être [satisfaction, satiété] :

J’ignore si vous articulez toutes les intuitions qui en moi tentent de s’exprimer ou si j’ai appris à appréhender le monde à travers le canal, le prisme, de votre pensée ;

Qu’il s’agisse :

* de la distinction entre l’homme pensif et le penseur [je suis une femme pensive, c’est certain, absolument pas une penseure] ;
* de la motivation éminemment chimérique du progrès et non de son utilité ;
* du refus du réalisme et du modèle représentatif ;
* de la méfiance envers le naturalisme à l’image référentielle trompeuse ;
* de cette vision architectonique de la science où le savant ne découvre jamais rien mais systématise toujours un peu mieux [ la science est un récit variable ] ;
* de votre éloge ininterrompu de la rêverie, ou plutôt des rêveries, que j’ai explorées des années durant dans mes retraites, ermitages et voyages ;
* de l’importance de remettre en question ce que l’on pense pour acquis, prouvé ou obvie et de la capacité d’autodérision qui conditionne une telle démarche ;
* de votre refus primordial de l’ontologie métrique [ "on ne connaît que ce qu’on mesure" - autre tentacule du monstre réaliste ] et de votre défense acharnée de "l’approximationalisme" [ le traitement impressionniste que le récit variable applique à un sujet - des petites touches éparses et évocatrices reliées par hypertexte – en est une application directe ] ;
* de votre dénonciation de l’illusion du commencement [ "le début n’est pas un commencement" ],
* de l’élaboration de la pensée qui ne se bâtit que contre ou malgré ;
* de votre défense d’une épistémologie de la pluralité, d’une solidarité inter-conceptuelle, de l’inter-rationalisme, du "cogitamus" et non du "cogito" ( jusque dans la relation parents-enfants), de l’importance de la controverse ;
* de votre fascination pour les vertus imaginatives et thérapeutiques des quatre éléments [air-terre-feu-eau] et de votre psychologie …

A Gaston Bachelard


Type de document : correspondances

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

sortants

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Josepht Valet

Joseph Valet a été l’un des plus grands et des plus jeunes Ludi Magister de la Castalie, Ludi Magister Josephus III, comme le nomment les archives du Jeu des Perles de Verre.

Joseph Valet n’est pas issu d’une lignée de joueurs. Très jeune, il a été enlevé à sa famille et on ignore tout de ses véritables parents. Il a été soumis comme une grande partie des Castaliens à un traitement mental qui a effacé ses souvenirs d’enfance et qui a développé son aptitude au Jeu.

L’aptitude au Jeu Castalien ne doit pas être confondu avec le don du Voyage des Nomades et des Cimmériens. Il s’agit d’avantage d’un talent pour l’abstraction, les mathématiques et la musique, d’une capacité à coupler son esprit avec les forces du Numer Espace.

Le parcours exemplaire de Joseph Valet au sein de la Castalie a été marqué par son attrait pour la musique et l’art combinatoire du Yi King.

C’est au cours d’une séance de Jeu de Perles de Verre, qu’il retrouva la vérité sur son histoire, les 3 Espaces et la Castalie.

Soucieux de ne pas provoquer l’effondrement du lieu qu’il aimait et dirigeait, conscient du danger qu’il aurait encouru en révélant ce qu’il avait découvert, il préféra démissionner et faire courir le bruit de sa mort accidentelle.

On dit qu'après avoir quitté la Castalie, il a rejoint Paris où il est devenu un des fondateurs de streetForce. Il aurait eu pour objectif de libérer la Castalie et de contrer tous les projets du XIU.

Son apport à l’Art du Voyag vient conforter les thèses des Nomades qui prônent que tout le monde peut avec un entraînement solide et régulier à développer le don de se dématérialiser entre les 3 Espaces. En effet, Joseph Valet n’est pas né Nomade, il l’est devenu. Et il ne se déclare pas Cimmérien.

Né en 1917, il a fui la Castalie en 1957 et a créé la première cellule de Résistance au XIU et à l’Ordre en 1967. Il n’est pas impossible qu’il soit encore en vie en 2005. D’autant plus que ses dons de Voyageur ralentissent son vieillissement.

Il est probable qu’il ait des liens étroits avec le Capitaine L

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