Et si j’les zem, les Halles, j’y peux rien. J’aime leurs gueules, j’aime leurs bandes, j’aime leurs locks de rastas, j’aime cette faune à laquelle j’appartiens pas, j’aurais beau essayer, c’est comme ça. C’est comme les blacks, elles sont trop belles avec leur boum qui bounce et leur bouche qui dance tandis que moi j’reste plate. Bonne pour le musée d’histoire naturelle com’dit ma fille.
Ouais, j’voudrais toujours m’y promener, m’en fous des odeurs qui puent derrière les chevaux de bois et des types qui t’branchent avec leurs sondages, leur drogue, leur couteau ou leur stupre. J’donnerais ma vertu pour m’éclabousser à la fontaine des Innocents ou à la cascade Saint Eustache
[ là où une main sans bras tient une tête sans cou ].
D’ailleurs je l’ai déjà donnée.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Fanfan est la petite sœur de Loula, elle est de cinq ans plus jeune qu’elle (elle est née en 1974). Très attachée à sa grande sœur, elle souffre beaucoup de ses absences et de ses silences. C’est toujours elle qui signale les disparitions de Loula. L’a-t-elle vue se dématérialiser dans les autres espaces ? A-t-elle essayé de la suivre ?
Elle considère Loula avec tendresse et attachement. Elle adore les histoires de sa grande sœur et admire sa capacité à tisser les mots. Fanfan sera la seule à défendre Loula avec constance au fil des années et à rester en contact avec elle.
Bien sûr, Fanfan vit et grandit. Adulte, elle est très impliquée dans la vie citoyenne.