contamination par l'image

Dans un faisceau de lumière, mon chat blanc. Gracieux. Fier et digne. Hautain. Beau si beau. C'est la nuit.

Premier réflexe : abréger l'instant. Rendre plus court encore cette impermanence qui doit cesser.

Et puis non ! Si j'étais au cinéma ou devant un écran, je me serais délectée de ce plan très long. Mais là, chez moi, je voudrais zapper ! Comme si la beauté avait maintenant besoin du filtre de la caméra. De cette captation qui en assure la permanence. L'éternité.

Ne puis-je déjà plus jouir du réel ?

Suis-je contaminée par l'image ?
Mon intérêt n'est-il plus suscité que par la retransmission ?


Type de document : streetchroniques

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

sortants

> changer les liens

aller vite partout

Pouvoir aller partout vite et aisément, c’est n'être nulle part.

J’ai vécu dans tant de lieux, j’ai vu tant de terres que les paysages ont fusionné et plus rien n’est consistant. L’Equateur, l’Australie, la Californie, les Vosges, les Alpes, la Toscane, Kiméria... je ne sais plus ... je ne sais plus . Le seul espace que je connaisse avec certitude est celui de mon écriture. Pas même celui de ma parole ou de ma pensée. Hors du graphe, je vis dans la contemplation absolue d’un flou total (principe d’incertitude).
Envisagez-vous les séquelles de cette attitude dans mon lien à l’autre, dans mon lien à vous?

Au Dottore Pi


Type de document : correspondances

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Référence : Sénèque (lettre II à Lucilius)

Commentaires : aucun

Textes satellites : 1

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