et alors

Voix I : Perceneige revient.

Voix II : Elle a retrouvé le chemin.

Voix I : Elle n'est pas seule. Avec elle, une petite fille.

Voix II : Perceneige revient et elle se souvient.

Voix I : Elle se souvient de sa mère.

Voix II : De leur vie dans cette maison.

Voix I : De la façon dont se vivait le temps.

Voix II : Elle se fige. Elle est transie.

Voix I : Et l'enfant ?

Voix II : L'enfant n'a pas de souvenirs, que de la curiosité.

Voix I : Elle lâche la main de Perceneige et s’élance.

Voix II : s'éparpille.

Voix I : Elle va là où Perceneige ne peut plus aller.

Voix II : ... ne sait plus...

Voix I : Que voit-elle, dis-moi ? Que voit-elle là où Perceneige ne sait plus aller...

Voix II : Elle voit ce que peu savent voir. Elle touche ce que peu savent toucher.

Voix I : Le numéro 7 ?

Voix II : Quelle évidence.

Voix I : Et après ?

Voix II : Après ?

Voix I : Oui : et après ?

Voix II : Non, pas « après » : « alors », « et alors ». Alors, elle se souvient.

Voix I : Elle n'a pas ouvert le carnet tout de suite.

Voix II : Elle a attendu.


Type de document : chants des griots

Auteur fictif : Voix I & Voix II

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : CL

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

sortants

> changer les liens

le roi est nu

Art version XIU : le discours prime sur l'œuvre.

Pendant que l'œuvre torture nos sens, assassine le Sens et brise notre intégrité, le discours s'installe comme seule légitimité artistique.

Désincarnation absolue qui substitue la construction intellectuelle au plaisir sensoriel.

Et pendant ce temps, le roi est nu.


Type de document : streetchroniques

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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